Maison individuelle louée : ce que vous récupérez vraiment

Publié le 18 juin 2026 · règles vérifiées à cette date

Une maison louée sans copropriété, c’est une régularisation qui paraît vide : pas de syndic, pas de décompte annuel, pas de parties communes. La question revient pourtant à chaque fin d’exercice : que pouvez-vous refacturer au locataire ? La réponse tient en une règle simple et un piège fréquent.

1. Une charge n’est récupérable que si vous l’avez avancée

Les charges récupérables sont, par définition, des dépenses que vous engagez pour le logement et que le locataire vous rembourse ensuite (art. 23 de la loi du 6 juillet 1989 ; liste limitative du décret n° 87-713). En maison individuelle, l’essentiel des dépenses courantes ne passe pas par vous : l’eau, l’électricité et le gaz sont au nom du locataire, qui règle directement son fournisseur. Vous n’avancez rien sur ces postes, il n’y a donc rien à régulariser.

2. Ce que le locataire paie déjà, directement

Deux dépenses que les bailleurs croient récupérables sont en réalité des réparations locatives : le locataire les assume seul, sans passer par votre décompte (liste du décret n° 87-712 du 26 août 1987).

Le piège de la chaudière

L’entretien annuel de la chaudière ne figure pas dans la liste des charges récupérables : c’est une réparation locative que le locataire fait réaliser et paie lui-même. Le bail peut prévoir que vous mandatez le chauffagiste à sa place ; la dépense reste à sa charge, distincte de la régularisation annuelle des charges. Ne la glissez pas dans votre décompte comme s’il s’agissait d’eau ou de TEOM.

3. Ce qui reste vraiment récupérable : surtout la TEOM

En maison individuelle, le poste récupérable le plus courant est la taxe d’enlèvement des ordures ménagères (TEOM) : vous la payez sur votre avis de taxe foncière, et vous la refacturez au prorata des jours d’occupation. L’eau ne redevient récupérable que dans un cas : l’abonnement est à votre nom, vous recevez la facture, et vous répercutez alors la consommation réelle, justificatif à l’appui. La taxe foncière, en revanche, ne figure pas dans la liste limitative du décret n° 87-713 : elle reste à votre charge. Seule la TEOM, inscrite sur le même avis, se récupère. Le détail dans notre guide récupérer la TEOM sur le locataire.

4. Exemple : une régularisation qui tient sur une ligne

exemple chiffré

Maison individuelle louée vide. Locataire présent du 1ᵉʳ janvier au 31 août 2025 (243 jours sur 365).

Eau et électricité au nom du locataire : payées directement, hors décompte.

Entretien annuel de la chaudière (162,00 €) : réparation locative, hors décompte.

Seule charge récupérable : TEOM 168,00 € (avis de taxe foncière).

Part du locataire : 168 × 243 ÷ 365 = 111,85 €

Provisions versées (8 mois × 12,00 €) : 96,00 €

Solde dû par le locataire : 111,85 − 96,00 = 15,85 €.

Même réduite à une ligne, la régularisation se présente ventilée : nature de la charge, montant annuel, prorata appliqué, provisions déduites. Un locataire qui part comprend mieux un solde de 15 € détaillé qu’un montant rond sans calcul. La liste complète des postes récupérables, et de leurs pièges, figure dans notre guide du décret 87-713.

Le calculateur applique ces règles à votre situation (prorata jour-exact, postes du décret, alertes de délais) et affiche le résultat gratuitement.

Calculer ma régularisation de maison

Sources

  • Décret n° 87-713 du 26 août 1987 (liste limitative des charges récupérables)
  • Décret n° 87-712 du 26 août 1987 (liste des réparations locatives à la charge du locataire)
  • service-public.gouv.fr, fiche F947 « Charges locatives » (consultée le 12 juin 2026)
  • service-public.gouv.fr, fiche F31697 « Entretien courant et réparations locatives à la charge du locataire » (consultée le 18 juin 2026)
  • service-public.gouv.fr, fiche F20760 « Entretien annuel de la chaudière : règles pour le locataire » (consultée le 18 juin 2026)