Meublé : c’est votre bail qui décide si vous pouvez régulariser

Publié le 18 juin 2026 · règles vérifiées à cette date

En location vide à locataire unique, la question se pose rarement : les charges se paient par provisions, et vous régularisez chaque année. En meublé, deux régimes coexistent, et c’est votre bail qui a tranché, parfois sans que vous l’ayez remarqué. De ce choix dépend une chose simple : pouvez-vous, oui ou non, régulariser ?

1. Deux régimes de charges, un choix inscrit au bail

Pour un meublé loué en résidence principale, l’article 25-10 de la loi du 6 juillet 1989 laisse au bailleur le choix entre deux mécanismes, à fixer dans le contrat :

Le bail dit lequel des deux s’applique. Relisez la clause « charges » avant toute chose : elle commande tout le reste.

2. L’arbre de décision en deux questions

On ne mélange pas les deux régimes : un bail au forfait ne se transforme pas en provisions en cours de route, au gré d’une dépense imprévue.

Et la colocation ?

Une exception utile à connaître : en colocation, le forfait de charges est autorisé même pour une location vide (article 8-1 de la loi de 1989), aux mêmes conditions qu’en meublé (pas de régularisation, montant non disproportionné, révision annuelle). Là encore, c’est la clause du bail qui tranche.

3. Le forfait ne se régularise pas (et c’est définitif)

Le forfait est un pari assumé des deux côtés. S’il a été sous-évalué, le surcoût reste pour vous : vous ne pouvez réclamer aucun complément. S’il a été large, le locataire garde l’écart : il ne vous doit aucun décompte. L’article 25-10 est explicite, le forfait « ne peut donner lieu à complément ou à régularisation ultérieure ».

Réviser le forfait n’est pas le régulariser

Le forfait peut être révisé une fois par an, aux mêmes conditions que le loyer (indice IRL). Mais réviser, c’est ajuster la base pour l’avenir ; régulariser, c’est recompter le passé sur justificatifs. Le forfait autorise le premier, jamais le second. La mécanique de révision est détaillée dans notre guide réviser un loyer avec l’IRL.

Le forfait n’est pas pour autant un chèque en blanc : son montant ne doit pas être manifestement disproportionné au regard des charges dont le locataire, ou le cas échéant le précédent locataire, s’est acquitté (article 25-10). Un forfait gonflé bien au-delà des charges réelles s’expose à une contestation. Pour le fixer sans risque, partez des charges réellement récupérables de vos derniers exercices (votre dernier décompte par nature) : c’est exactement la référence que la loi retient pour juger de la proportion.

4. Aux provisions, c’est la régularisation de l’article 23

Si votre bail meublé prévoit des provisions, vous êtes dans le régime de la location vide, à l’identique : décompte par nature de charges, communication un mois avant la régularisation, justificatifs tenus à disposition six mois, et prorata au jour près si le locataire n’a pas occupé l’année entière. La marche à suivre complète figure dans notre guide de la régularisation des charges.

exemple chiffré

Studio meublé loué en provisions. Exercice du 1ᵉʳ janvier au 31 décembre 2025.

Locataire présent du 1ᵉʳ janvier au 30 septembre 2025 (273 jours sur 365).

Total des charges récupérables de l’exercice : 1 200,00 €.

Part du locataire : 1 200 × 273 ÷ 365 = 897,53 €

Provisions versées (9 mois × 90,00 €) : 810,00 €

Solde dû par le locataire : 897,53 − 810,00 = 87,53 €.

Le même studio loué au forfait de 90,00 € par mois aurait produit 810,00 € encaissés sur neuf mois, point final : aucun calcul, aucun décompte, aucun solde. C’est tout l’écart entre les deux régimes.

5. Le bail mobilité : forfait imposé, régularisation interdite

Le bail mobilité (location meublée de courte durée, un à dix mois, créé par la loi ELAN de 2018) ne laisse aucun choix : les charges sont obligatoirement récupérées sous forme de forfait versé avec le loyer, sans complément ni régularisation possible (article 25-18 de la loi du 6 juillet 1989). Comme en meublé classique, ce forfait ne peut être manifestement disproportionné au regard du dernier décompte par nature de charges.

Au forfait ? Cet outil ne vous sert à rien

Si votre bail est au forfait (meublé au forfait ou bail mobilité), il n’y a rien à régulariser, donc rien à calculer. Notre outil ne vous serait d’aucune utilité, on ne va pas vous le faire payer. Il prend tout son sens dès que vous êtes aux provisions.

Le calculateur applique ces règles à votre situation (prorata jour-exact, postes du décret, alertes de délais) et affiche le résultat gratuitement.

Calculer ma régularisation de meublé

Sources

  • Art. 25-10, loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 (meublé résidence principale : charges par provisions régularisables ou par forfait non régularisable)
  • Art. 25-18, loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 (bail mobilité : charges au forfait, sans complément ni régularisation)
  • Art. 8-1, loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 (colocation : forfait de charges autorisé, y compris en location vide)
  • Art. 23, loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 (provisions, régularisation, décompte, justificatifs)
  • service-public.gouv.fr, fiche F947 « Charges locatives » (consultée le 12 juin 2026)